The bright side of the moon

Publié le par Au Terminus des Pretentieux


Jamais véritablement remis de la mort de Jim Morrisson et de la capitulation du Pink Floyd devant le dieu argent, les Lyonnais de Ravenhill ressuscitent le son des seventies à coups de claviers flamboyants, de guitares lyriques et de basse vibrionnante. Un peu de psychédélisme au pays de Gérard Collomb ne fera de mal à personne.

 


 

 

Le chanteur des Ravenhill répond au doux patronyme de Sly Apollinaire. Collision curieuse entre un prénom évoquant une ex-vedette psychédélico-funky des seventies qui ouvrira la voie à Prince, c’était Sly and the Family Stone, et un nom fleurant bon le poète mort au champ d’honneur ou presque.Ce n’est pas la seule chose qui intrigue chez lui, car à l’entendre déclamer avec une certaine emphase et une voix profonde ses vers en anglais, on a comme l’envie d’aller voir si à l’emplacement réservé au repos éternel de Jim Morrisson du côté du Père-Lachaise, il n’y aurait pas comme un trou béant.

 

Une similitude soignée dans les intonations et dans le phrasé, en tout cas sur certains titres à l’instar de « Growing too fast » d’entrée, essai transformé sur l’impérial « King of ghosts », il n’en faut pas plus pour que l’ombre tutélaire des Doors ne vienne planer sur la destinée d’une formation qui possède ceci dit d’autres atouts.

 

A commencer par une manière assez décomplexée et pour tout dire jubilatoire de se coltiner avec un univers musical on ne peut plus daté, disons pour aller vite le rock psychédélique de la fin des années 60 durant lesquelles s’illustrèrent des groupes poids lourds comme King Crimson, les Doors donc, ou encore et bien sûr le Pink Floyd de feu Syd Barrett avant qu’il n’aille échapper à l’horreur du monde au fond d’un placard chez sa mère.

Autant d’influences encombrantes et limpides sans qu’elles soient écrasantes, parce que, je crois, pleinement assumées sur le premier album de Ravenhill : « Moonlight overdrive » qui pourrait bien décrocher la lune sans qu’on n’ait guère de risque d’y croiser un rescapé d’Indochine. Qui d’ailleurs n’aurait rien à faire ici.

 

Ampleur des compositions, fouillées et farfouillées à souhait, envolées des instruments au milieu desquels s'insinue avec la souplesse d’une anguille une basse intenable ( mention spéciale à Philoons ), ça part en vrille et ça harmonise à tout va chez les gars du Beaujolais, vignoble à la fois justement décrié pour ses exportations exponentielles de vitriol interdit par la convention de Genève, et injustement rabaissé par là-même au mépris de l’existence de crus savoureux que sont le Juliénas , le Moulin-à-vent ou le Morgon. Autant de sources d’inspiration probables et pour le moins décalées de nos babas d’adoption, instigateurs aux côtés du compère des débuts Bill Bokey ( sic ) et de l’association Beaujolais Hills du festival d’été Willstock, référence quand tu nous tiens…

 


 

Cette « distorsion du clair de lune », pour traduire mot à mot le titre donné à l’album, tient bien les promesses annoncées : l’ambiance y est rêveuse à souhait, et les guitares de Niko Montes possèdent ce côté bavard et grassouillet qui faisait le sel des interventions à l’instrument d’un Robert Fripp ou d’un David Gilmour, période pré-pachydermique. Dans « Rainbow », plantureuse symphonie sous hallucinogènes bercée de chœurs d’un autre âge, Sly lâchera enfin le morceau avec une belle sincérité : « I wish I was twenty in 67 in San Francisco »…on ne saurait mieux dire.

 

Les amateurs de rock progressif y trouveront leur compte sans avoir à rougir de leur penchant irréfréné pour les atmosphères chargées et baroques. Les amateurs de rock régressif découvriront un excellent album de 1969 curieusement sorti en 2009. Les amateurs de rock agressif passeront leur chemin car ici le « flower power » touche à la béatitude, jusque dans la pochette. Hippie pourra !

 

Ch.M

 

 

Publié dans MUSIQUE

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Crapo 29/10/2009 18:31


Le pied !