France- Eire : vol qualifié !

Publié le par Au Terminus des Pretentieux

Ainsi en a voulu le sort , au soir de ce France-Eire qui a vu onze et même quatorze parmi les sportifs les mieux payés de la planète une fois de plus déjouer au football.

 



S’il reste encore un vague soupçon de foot dans la production laborieusement fournie l’autre soir, par contre il n’est plus question de jouer, et depuis un certain temps déjà, avec l’aspect ludique que le terme comporte. On n’a pas l’air de prendre beaucoup de plaisir au sein de la sélection, et nos représentants au plus niveau semblent porter sur le visage les stigmates de ce qui ressemble de plus en plus à une corvée à remplir, si possible sous forme de service minimum ce qui comblera de joie un Eric Woerth dont c’est le cheval fatigué de bataille. C’est le cas d’ailleurs de la plupart des équipes nationales pétrifiées par un enjeu économique délirant qui finit par dépasser même ces multimilliardaires de la baballe qui tourne, mais de moins en moins rond.


« Jeu de main, jeu de vilain » : le vieil adage s’est rappelé à notre bon souvenir l’autre soir, et si un quotidien national titrait au lendemain de cette sinistre farce : « La main de Dieu », ça ressemblait plutôt à celle de ma sœur dans la culotte d’un zouave irlandais, s’il en a jamais existé. Et l’on aura beau jeu ( ça changera !) de fustiger l’arbitre de la rencontre, coupable de n’avoir pas vu en une fraction de seconde ce que nous autres téléspectateurs avons eu tout le temps et tout le loisir de visionner jusqu’à l’écoeurement sur nos écrans.

Il faudra que quelqu’un dise un jour aux ventripotents plénipotentiaires qui somnolent aux instances du football international que la vidéo peut servir à autre chose qu’à s’exciter le cortex et d’autres organes moins cérébraux  devant un film de pioche en rotant leur dîner qu’on imagine copieux du dernier congrès de la FIFA. Là où les physiciens évoquent la force d’inertie, reconnaissons que l’indolence et l’immobilisme des aparatchiks qui veillent d’un œil torve aux destinées de ce sport qui fut naguère passionnant à regarder touchent à la plus grande faiblesse, voire à la nullité la plus absolue.

 


Soyons francs : il nous a été donné à plusieurs reprises l’occasion de s’esclaffer l’autre soir, sans parler de la bouillie grotesque peniblement dégurgitée devant des Irlandais qui eux se posaient moins de questions. A la mi-temps du match, on a eu peine à croire que si Thierry Henry, en pleine conversation avec Boghossian, cachait de sa main ( encore innocente à ce moment de la partie ) les paroles échangées, c’était pour ne pas divulguer aux observateurs indiscrets des consignes tactiques qu’on peut légitimement qualifier d’hypothétiques, sinon d’existantes, au vu des errements fantômatiques des bleus bodybuildés dans leur beau justaucorps.


Nous pencherons volontiers pour un « Mais qu’est-ce qu’on fout là ? » plus en phase avec l’état d’esprit et le niveau sportif démontrés par cette équipe qui n’en est pas une. Et nous comprendrons aisément que le meilleur handballeur du football national ait voulu les cacher aux yeux d’un public ayant payé sans doute fort cher le droit de s’asseoir en plein courants d’Eire pour se demander, lui aussi, ce qu’il faisait là.


Quant à Domenech, un homme qui a fait du théâtre et qui donc sait lire et peut-être même penser, ses lamentables mimiques, deux doigts dans la bouche en guise de sifflet pour inciter l’arbitre à abréger cette mascarade, nous rappellent qu’avant d’être un homme c’est un footballeur, élevé dans le sérail du sport professionnel avec tout ce que cela induit de patriotisme mal placé, d’absence totale de jugement et de pudeur, et d’infantilisme chronique au moment même où le bon sens aurait dû le conduire, lui et ses sbires, à chercher une place non pas sur mais sous la pelouse, certainement chauffée de surcroît, pour y cacher une honte effacée comme par enchantement au coup de sifflet libérateur.


Les doigts dans la bouche ont aussi une autre utilité que les nauséeux des soirs de cuite connaissent hélas trop bien.

Gageons qu’il n’en a nul été besoin du côté de Dublin ou de Galway pour exprimer d’une gerbe libératrice le sentiment général. Et si la bonne humeur, qui n’est pas que légendaire, des compatriotes de James Joyce a dû les pousser par un phénomène naturel à se rabattre sur la Guinness, elle devait avoir mercredi soir un goût bien amer.

Ch.M

Publié dans C'EST BEAU LE SPORT

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pheldor 23/11/2009 15:19


Ça m'a plu, le contenu, l' écriture : le pied ! oh pardon, il faut dire "la main !" dorénavant.
Pour la forme, quelques modestes remarques :
Relevons le niveau (footeux, je sais c'est pas possible) : un "haut" avant "niveau" ou alors un "bas" ?
Un accent à "péniblement".
Ne voulez-vous pas dire "inexistantes" ?
L'e dans l'o me tient à cœur : "écœurement" (en espérant que ça ne se perdra pas dans l'affichage du com).