Crapo de nuit (suite et fin )

Publié le par Au Terminus des Pretentieux

Nuit Solidaire bis repetita !  Il  y a des soir comme ça.

Seconde Nuit Solidaire pour le logement.
Super !

Les SDF et mal-logés de ce pays ont eu droit, au choix, pour se restaurer, à des merguez estampillées Halal (à l'heure du débat sur l'identité nationale, on pourrait penser que ce genre  de détail comme dirait le borgne au bateau qui coule aurait pu éviter d'être martelé dans les médias qui semble t'il, n'ont retenu que cela mais bon, il faut bien se mettre un truc sous la dent quand on s'appelle Eric Zemmour ou Jean Pierre Pernaut).

Cali a chanté, moi j'ai vomi, et pas à cause de mauvaises bières cette fois.
L'Auguste Legrand, étendard en berne des Enfants qui déchantent question dons, à qui j'ai demandé s'il allait y aller de son discours fédérateur a opiné du chef dans le sens vertical pour signifier son "non". Et moi d'y aller d'un "ah ben ouais, c'est vrai, tu fais dans la politique à  présent !". Grimace de circonstance de sa part et sourire narquois de qui vous devinez.

Peu de personnes au final ont fait le déplacement. Quoi de plus normal quand on sait que la plus grande crainte des Français est de se retrouver à la rue. Alors leur proposer une petite nuit d'entraînement juste pour voir ce que cela fait, non merci. Il y a un jeu vidéo en ligne qui le permet... sans bouger de chez soi....



A cette nuit, enfin, ce début de nuit, j'y étais avec Claire*, volontaire ATD Quart Monde, bénévole auprès des Enfants des dons qui déchantent et de l'association Les Enfants du Canal (*le prénom n'a pas été changé, Claire s'en fout et de toute façon c'est moi qui pond le présent billet et je fais comme je veux mon neveu ! ). Claire, plus claire que moi, avoue son abattement de voir cette Solidarité nocturne estampillée "Grosse Teuf' avec un côté bobo à gerber"...

Le sieur Crapo lui propose donc de calter et de prendre sous le coude de notre Solidarité bien à nous, un SDF et son clébard que nous nommerons Pierrot (le SDF, pas le chien) parce que cela fait classe et que c'est son blaze de toute façon.
Donc, ma nuit solidaire s'est résumée à accueillir "Pierrot, mon frangin, mon poto" et son gros petit cabot pour deux jours où il pourra se retaper un peu, fuir cette rue qui tue, fuir cette hypocrisie qui assassine.



A l'heure où j'écris, Pierrot est reparti chez lui, sur son bout de trottoir. Et bis repetita pour lui donc.

Pour ma part, j'ai un toit au dessus de la tête et une niche pour mon ami canin. J'ai honte.

Claire, qui n'a toujours pas changé de prénom, continuera, demain, à oeuvrer pour ces familles qui crèvent (oups ! pardon) qui vivent dans des caravanes ou des logements improbables et moi, de détester Cali et de pester contre l'hypocrisie ambiante sur une des questions cruciales de ce siècle: la condition de l'être humain, tout en me promettant de ne plus jamais refoutre un oeil dans les bouquins de Claude Jean's Strauss...

Prétentieusement votre !

Le Crapo
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