Malaise Blaise

Publié le par Au Terminus des Pretentieux

Comme dit un ami : "le gugusse dans son palais avec sa pupute va mieux et il se repose.
Trêve estivale oblige pour ce nerveux qui dépense plus d'énergie à foutre le souk dans le pays qu'à tenir le soleil sur un footing de 100 mètres !"

Soit !

Mais quand même ! Tout ce bazar pour un petit malaise (et ben oui, forcément proportionnel à la taille le malaise !), faut pas déconner.

L'été est propice à un phénomène étrange et qui se répète sans cesse, invariablement, inexorablement, à savoir :
Celles et ceux qui rêvent de ne faire, justement, qu'un petit malaise au  Bénin... oups ! Non ! Un petit malaise bénin ! (celui d'Hénin, on y a échapper de justesse voire de  justice !).

Celles et ceux qui passeront l'arme à gauche, sous le soleil exactement, une  clope au bec sans doute (petit hommage à Gainsbourg). Les SDF !

Un SDF risque plus sa vie en été quand hiver dans l'indifférence presque  générale. Les raisons du pourquoi pourrait se résumer à cette simple explication : un  clochard crevé en été c'est moins parlant et moins vendant qu'en hiver. De plus, comme on les  chasse plus aisément en cette saison pour ne pas faire chier les touristes et gâcher le paysage,  on les refoule.

La politique du : "crève en silence merci, y a du monde qui regarde !"

Je suis un de ces anciens Clochards (vous remarquerez la majuscule en  hommage à celles et ceux qui sont partis, le carton sous la main, foutre un gros coup de pied  aux culs des squatteurs célestes qui s'en branlent bien de ce qui se passe en bas) et me  permets donc, avec un vocabulaire certes peu châtié, d'avoir une pensée pour eux, pour  celles et ceux que l'on nomme Les Morts de la Rue.

Fin Août/début Septembre on nous fera le bilan des cadavres calcinés dans  des bagnoles explosées sur la route du retour de vacances.

Par contre, il faudra le premier mort officiel dans la rue à cause du froid  pour re-causer du sort de ces milliers de personnes qui vivent dans la rue, qui sont mal-logées,  qui squattent, qui sont travailleurs pauvres, qui se consument tout doucement mais sûrement, de ces  trois familles, en moyenne, qui se retrouve sans logement (merci le DALO, merci le RSA,  merci l'âne Martin) chaque jour dans ce pays.

Donc, quand notre "gugusse dans son palais avec sa pupute" se repose suite à  son mal aise (en deux mots) histoire de nous apitoyer, je rigole doucement.

Pas facile de faire un peu rire avec un tel sujet mais, comme le râbache  souvent mon pote Marc, Clodo de son état et fier de l'être : "La vraie politique sociale dans  ce pays c'est que tous les SDF y rentrent chez eux !" et de se lancer dans une franche  rigolade édentée !

Crapo

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Claire 04/08/2009 12:01

effectivement, pas facile de traiter de ce sujet douloureux, mais en même temps c'est une manière d'en parler, et il faut en parler, il faut témoigner...

le DALO, comme le RSA, sont des dispositifs pansements, des petits morceaux de sparadrap pour colmater un temps, un temps seulement des plaies qui saignent depuis tellement longtemps...
tant qu'on ne prendra pas les choses en face, et qu'on n'y mettra de vrais moyens, alors rien ne bougera... et nos frères continueront à crever pas loin de nous, là tout près, à nos pieds....