Tu quoque mi pédo fili

Publié le par Au Terminus des Pretentieux

Après un succès planétaire en librairie, Millenium de feu Stieg Larsson est désormais un film fourre-tout, sans vie mais pas sans Nazi.


          Le pitch, pour ceux qui comme moi aurait raté l’épisode papier. Mikael Blomkvist est un journaliste suédois sans peur et sans reproche qui replonge dans son passé pour retrouver l’assassin de son ex-baby sitter. Il est aidé dans son enquête par une espèce de Nikita dont les astuces en informatique, les piercings et les tatouages n’ont d’égal que sa façon bien à elle de déclarer sa flamme.

          Rien ne manque dans ce film tiroir, les Nazis made in Suède, les pédophiles gras et pervers et évidemment les serials killer de père en fils. Les images chocs sont également de la fête, corps mutilés, viols en série, fesses à l’air et corps nus en chaussette de quoi vous tirer des cris d’horreur de la bouche.


          Millenium est un film cocktail, on a mis dans un shaker le Silence des Agneaux, Da Vinci Code, Seven,… et on a secoué vigoureusement la mixture pour servir le mélange bien frappé. Sauf que la boisson détonante est un somnifère puissant. On baille durant 2h32 alors que le réalisateur enfile les horreurs comme des perles. Le film est certes sanglant mais sans relief. S’appuyant sur une équipe mélangeant Suédois et Danois, Niels Arden Oplev à la réalisation Michael Nyqvist et Noomi Rapace dans les rôles principaux, l’adaptation promettait d’échapper aux affres hollywoodiennes mais tourner les pages d’un roman et le respecter à la lettre est sûrement le pire des choix. On imagine le réalisateur, livre à la main, diriger timidement des acteurs maladroits qui peinent à insuffler une vie à un polar qui finit par ressembler à un épisode de Derrick.
Evidemment, on songe au dogme de Lars Von Trier, cette chartre qui autrefois accoucha de films vivants et exigeants et on imagine Millenium passé au crible de ce tamis là.

Th. G.

Publié dans CINEMA

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