Hazanavicius son personnage jusqu’à l’os et épuise le filon

Publié le par Au Terminus des Pretentieux

Perché sur le Christ rédempteur du Corcovado, l’agent OSS 117 ne fait pas notre bonheur, la faute à un Dujardin trop timoré.



          L’agent OSS 117 a pris 12 ans mais pas une ride. Sa misogynie, son patriotisme sans faille, teintés d’arrogance et de naïveté se transportent dans la baie de Rio pour de nouvelles aventures à la recherche d’un improbable microfilm. Les ingrédients restent donc identiques à OSS première formule. Des rires aux éclats forcés, des nazis en veux-tu en voilà, des filles habillées courts et une franchouillardise élevée au rang d’art. Dujardin cabotine et Michel Hazanavicius, maître de l’image façon "quand on était petit", croque au scalpel cette fin des années 60, Gaulliste et Pompidolienne.

          Sauf que dans ce second volet des aventures de Hubert Bonisseur de la Bath, la sauce de la blanquette ne prend pas, les images sont gratuites, Dujardin gesticule et Rio ne répond pas.

          Associer l’impayable agent OSS et un agent du MOSSAD en mini jupe est une trouvaille séduisante et pas seulement pour la jupe. Hubert étale sa suffisance franchouillarde comme le beurre sur les tartines et la distance des images, de l’époque et du personnage autorisent toutes les audace...  ou presque.

           "Au départ je voulais que l'action se passe en Israël, et la date de 1967 correspondait à la guerre des Six Jours, ce qui nous aurait permis de nous appuyer sur un événement historique" révèle le réalisateur "c'est Jean [Dujardin] qui a un peu freiné et qui n'était pas très à l'aise avec l'idée".

           On se risque à la blague antisémite bêta mais on ne va pas défier le Bétar sur ses terres.
Transporter cette histoire d’agent loufoque et d’une suffisance franchouillarde crasse en Israël, elle était là la vraie idée. On comprend alors pourquoi le décor brésilien sonne faux, pourquoi la forme n’est jamais au service de l’intrigue et pourquoi les mimiques de Dujardin nous font bailler.
On regrette cette frilosité. Oser rire de tout dans un film grand public, ne pas éclipser les sujets qui fâchent, amuser en nous titillant le cortex ne sont pas des promesses si courantes.

           La mèche de notre plaisir allègre fait long feu et le coup ne part pas faute de culot.
L’énorme rire idiot bouche ouverte de Dujardin-Hubert-OSS résonne alors comme un écho au rire gras des comédies à la française –suivez mon regard- et dans cette hésitation entre un rire jubilatoire de qualité et le spectacle affligeant des rouleaux compresseurs du moment pas sûr que le public français n’ait déjà choisi.

Th. G.

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CM 05/05/2009 07:13

Moi aussi j'ai bien aimé le film. Je viens de découvrir le blog que je ne lirai plus : je n'aime pas ces détenteurs du savoir et du bon goût. Votre vie doit être très triste ! quel dommage !

robert 01/05/2009 14:26

Bien sur, bien sur fred, le couplet sur les intellos méprisants, un grand classique, on peut aussi trouver cet épisode moins bon sans forcément être un intello..

Fred 01/05/2009 12:19

Pour ma part, j'ai bien aimé ce film à l'humour 1er degré. Je méfie des intellos à l'humour au xème degré... Bref j'ai bien ri.

Certes, il ne faut pas avoir Dujardin en horreur et être assez âgé (en référence aux films que l'on voyait étant petit) pour apprécier ce film.