Bienvenue chez les ploufs

Publié le par Au Terminus des Pretentieux

Préparez vos mouchoirs et vos palmes, Philippe Lioret revient avec un drame aquatique intitulé sobrement « Welcome ».



      Bilal est Kurde et amoureux, ce qui n’a rien à voir. Il a traversé l’Europe pour retrouver Mina, son Iseult à lui. Echoué à Calais, il lui reste à franchir la Manche, mais les douaniers anglais sont extrêmement tatillons. La législation britannique permettant de travailler sans fournir de papiers d’identité, ils sont nombreux à rêver de cette nouvelle Amérique. Simon (Vincent Lindon) est maître nageur. Il n’a pas su traverser la rue pour rattraper sa femme. Sa vie a le goût des plats surgelés qu’il réchauffe dans son micro-ondes. Unis dans leur désir amoureux, les deux hommes puiseront l’un en l’autre, une issue aquatique.

      Philippe Lioret trouve la bonne distance pour donner corps à ses personnages. Il s’attarde sur les gestes du quotidien, comme l’installation rituelle des lignes d’eau par Simon. Avec une économie de dialogues, il réussit à rendre sensible les protagonistes.

       Pourtant le film ne fait pas mouche. On retrouve le ton de « je vais bien, ne t’en fais pas » mais trop de sensibleries nuisent au film. Lindon est comme d’habitude parfait en chien battu, les amoureux s’aiment, les immigrés immigrent et la caravane passe. Les personnages sont certes incarnés, mais le décor est vide. La ville de Calais, épicentre d’une actualité aussi triste que brûlante, n’existe jamais.

L’eau, cet objet au combien cinématographique, n’est qu’une toile de fond alors que les scènes de piscines devraient crever l’écran. Quant aux interminables moments de nage dans la Manche, on se surprend à souhaiter que ce Tristan irakien coule comme un plomb et nous délivre de ce supplice marin.

      A trop forcer le trait d’une réalité douloureuse, le réalisateur, comme ses personnages, perd pied et se noie dans un océan de bons sentiments. Pourtant, il est encore temps pour Philippe Lioret, de changer de cap, avant que les larmes n’engloutissent définitivement son cinéma.

T. G.

 

 

 

 

Publié dans CINEMA

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marcello 28/04/2009 08:24

tout a fait.

Fredesk 28/04/2009 05:57

j'avais mis un lien en html sous Les Plouffe mais ça n'a pas passé, le revoici :


http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/chroniqueurs/chronique/5848-Un-bien-culturel-nomme-iLes-Plouffei.html

Fredesk 28/04/2009 05:54

Essayez Les Plouffe, c'est québécois, et ça vous changera d'avec vos ploufs, hihi.